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Qu’est-ce qu’un bilan carbone ?

Il s’agit du calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités directes et indirectes d’une organisation ou d’une entreprise.

Ce bilan prend en compte toutes les émissions générées, en particulier lors de la production de biens ou services, y compris les émissions : 

  • en amont et en aval de la production, 
  • lors de utilisation du produit, de sa fin de vie, 
  • des déplacements des employés, 
  • des bureaux occupés, 
  • du nombre de serveurs informatiques
  • des dépenses en services divers (marketing, légal, communications)

La directive européenne CSRD entrera en vigueur en 2024 et obligera, à terme, toutes les entreprises en Europe à produire leur bilan carbone et communiquer leur plan d’action pour réduire leur empreinte carbone.

Un nombre croissant d’entreprises réalisent dès lors un bilan carbone, soit pour satisfaire aux obligations réglementaires, soit parce qu’elles souhaitent prendre les devants et l’intégrer dans leur stratégie RSE.

Réaliser un bilan carbone n’est en revanche pas une finalité en soi : si le résultat est la mesure de l’empreinte carbone, l’objectif final est de mettre en place des mesures réduisant les émissions de GES d’une organisation.

A quoi sert un bilan carbone ?

Objectif et enjeux du bilan carbone

Le but du bilan carbone est de faire contribuer chaque organisation à l’effort commun en vue d’atteindre les objectifs climatiques en identifiant les domaines où il est possible de minimiser l’empreinte carbone.

Une fois le bilan carbone établi, l’entreprise doit mettre en œuvre un plan d’actions comprenant des mesures correctives et des mesures proactives afin de réduire et compenser ses émissions (par exemple : identifier des opportunités d’éco-conception d’un produit, ou financer des projets de séquestration de CO²). 

Dans cette optique, l’inventaire des émissions de carbone aide à identifier les sources d’émissions et les opportunités de réduction. Ensuite, l’entreprise décide des zones d’émissions à améliorer et conçoit des stratégies pour y parvenir. Celles-ci sont formalisées dans le plan d’action, qui doit donc 

  • exposer les objectifs de l’entreprise en termes de réduction des émissions ;
  • détailler les moyens et mesures envisagés par l’entreprise afin de diminuer son impact climatique ;
  • éventuellement énoncer les actions déjà engagées et leurs résultats ;
  • spécifier les réductions attendues en chiffres, ainsi que les délais associés.

Pour parvenir à mener efficacement cette stratégie, le bilan carbone doit parvenir à intégrer à la RSE le développement durable en sensibilisant et formant tous les acteurs concernés au sein de l’entreprise.

Plan d’action du bilan carbone

Les pays membres de l’UE seront soumis à la directive européenne CSRD, qui entrera en vigueur en 2024 et contraindra, à terme, toutes les entreprises européennes à produire leur bilan carbone et mettre en place un plan d’action.

Par le biais de cette nouvelle loi, l’Europe augmente son objectif de réduction des émissions pour 2030, le but étant de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.

Dans certains pays spécifiques, comme la France, des lois existent déjà pour inciter les entreprises à réduire leurs émissions. Il est donc important d’analyser la législation en vigueur dans le pays afin de déterminer les obligations environnementales d’une entreprise.

Origine et méthodes du bilan carbone

Le GHG Protocol

C’est dans un esprit de standardisation de la comptabilité du carbone qu’a été créé le GHG Protocol en 1998. Étant la première organisation ayant défini la méthodologie pour effectuer un bilan carbone fiable, cette norme est aujourd’hui la plus utilisée dans le monde, surtout dans les pays anglophones.

La méthode Bilan carbone® de l’ADEME

Cette méthode d’inventaire du carbone a été développée en France par l’ADEME sous l’impulsion et l’expertise de Jean-Marc Jancovici en 2000. Cette méthode, similaire au GHG Protocol, comprend notamment une feuille de calcul Excel qui permet d’évaluer les émissions, de les comparer d’une année à l’autre et de projeter les actions de réduction.

La méthode PAS 

Développée par le British Standards Institute (BSI), la PAS (Publicly Available Specification) est une norme britannique qui a été mise en place en octobre 2008 et a subi une révision en 2011.  La PAS 2050 offre également aux entreprises la possibilité de mesurer l’empreinte carbone d’une organisation. 

Pourquoi faire un bilan carbone ?

Peu importe les exigences réglementaires, les entreprises ont tout intérêt à réduire leur empreinte carbone, pour notamment :

Améliorer leur image de marque

Les consommateurs s’orientent naturellement vers les produits et services plus respectueux de l’environnement. Le fait qu’une entreprise soit carbone responsable  lui assure davantage de parts de marché selon les études de marché.

Avoir de meilleures conditions auprès des organismes financiers

Les entreprises carbone responsables obtiennent plus facilement des financements et à des conditions plus avantageuses que celles qui ne sont pas engagées en matière d’environnement.

Décrocher des marchés 

Outre les marchés publics qui leur sont plus facilement accordés, les entreprises carbone responsables décrochent davantage de contrats auprès de clients contraints de produire leur bilan carbone.

Attirer les meilleurs profils et fidéliser le personnel

Non seulement les entreprises carbone responsables attirent les meilleurs profils mais elles parviennent aussi à fidéliser leur personnel par leur engagement fort.

Comment faire un bilan carbone ?

Aujourd’hui, plusieurs approches existent pour évaluer les émissions de CO2 d’un territoire ou d’une organisation. Que l’objectif soit d’effectuer un bilan de gaz à effet de serre réglementaire ou intégral, deux normes se distinguent.

Les différentes méthodes

La méthode GHG

La méthode Greenhouse Gas Protocol (GHG) est actuellement la plus couramment adoptée à l’échelle internationale.

Le périmètre de l’étude est défini : l’entreprise concernée et les activités prises en compte (scopes 1, 2 et 3), les gaz à effet de serre inclus dans le calcul, et l’année de référence. Le calcul des émissions est effectué conformément aux directives du GIEC. 

Pour cela, on utilise alors les facteurs de Pouvoirs de Réchauffement Global (PRG) pour traduire les émissions en équivalent CO². Le PRG permet de comparer l’impact d’un gaz sur le climat par rapport à l’impact du CO2, afin d’exprimer les résultats dans une unité commune (CO2e).

On procède ensuite à une vérification de la qualité et de la fiabilité des résultats, incluant le calcul des incertitudes. Une vérification par une partie tierce est envisageable.

Enfin, on procède à l’interprétation des résultats et à la définition d’un objectif de réduction. Un plan d’action peut ensuite être élaboré.

La méthode Bilan Carbone ®

Lancée en France par l’ADEME en 2004 et repris par l’Association transition Bas Carbone (ABC) en 2011, la méthode Bilan Carbone® évalue les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1, 2 et 3, c’est-à-dire aussi bien les émissions directes qu’indirectes.

Pour quantifier ces différentes émissions de gaz à effet de serre, l’ADEME utilise une formule de calcul basée sur des facteurs d’émissions physiques ou monétaires. Elle prend en compte l’ensemble des gaz à effet de serre identifiés par le GIEC.

La méthode PAS

La norme britannique PAS 2060 définit des objectifs de mesure et de réduction pour chaque entreprise. Grâce à la documentation, elle permet également de vérifier votre déclaration de neutralité carbone. 

La norme se compose de 4 étapes clés : mesurer l’empreinte carbone, réduire/ compenser, documenter et valider.

Le calcul de l’empreinte carbone doit inclure 100% des émissions de Scopes 1, 2 plus les émissions du Scope 3.

Que prendre en compte dans un bilan carbone ?

Dans la démarche de bilan carbone, chaque entreprise doit définir le périmètre interne et externe pour couvrir les scopes 1, 2 et 3. 

  • Le scope 1 englobe toutes les émissions directes de gaz à effet de serre produites par l’entreprise, comme le chauffage des locaux ou les émissions issues des véhicules possédés par l’entreprise.
  • Le scope 2 regroupe les émissions indirectes associées à l’énergie, par exemple les émissions générées lors du processus de production d’un produit ou d’un service
  • Le scope 3 comprend toutes les émissions indirectes de l’entreprise. En règle générale, c’est dans cette catégorie qu’on trouve la majorité des émissions générées par l’entreprise, comme celles issues de l’achat de matières premières ou de services.

Dans l’approche du bilan carbone, la couverture des émissions de gaz à effet de serre est large. Toutefois, le principe du bilan carbone ne retient que les émissions de GES et ne représente pas les autres impacts environnementaux (déforestation, pollution de l’eau, etc.).

Différence entre un audit énergétique et un bilan carbone

Alors que l’audit énergétique vise à évaluer la performance énergétique d’une entreprise, le bilan carbone permet de quantifier toutes les émissions de GES de l’entreprise. La différence porte donc sur le périmètre de l’analyse : le bilan énergétique ne tient en compte que l’utilisation d’électricité ou de carburants tandis que le bilan carbone va plus loin et inclut l’impact environnemental des bureaux, des dépenses en marketing, les ordinateurs possédés par l’entreprise, etc. 

Pour connaître son empreinte carbone, il faut donc réaliser un bilan carbone conforme car seule cette méthodologie permet une analyse complète de toutes les activités de l’entreprise qui émettent des GES.

Etapes du bilan carbone

L’élaboration du bilan carbone peut se décomposer en 5 grandes étapes :

1. Définir son périmètre géographique et opérationnel de l’entreprise

Il s’agit de déterminer à quelles installations, quels équipements et quelles activités s’applique le calcul du bilan carbone de l’entreprise. Lors de cette étape on définit aussi ce qui détermine si une entreprise possède ou non certaines activités, à savoir en fonction du contrôle financier, opérationnel, ou selon les parts du capital.

2. Collecter les informations

Le consultant carbone ou la personne chargée de réaliser le bilan carbone recueille les données sur tous les postes d’émissions de CO² à partir des documents comptables et d’enquêtes auprès du personnel.

3. Conversion de l’activité en tonnes d’équivalent CO²

Les données récoltées se présentent sous différentes unités (tonnes, kilomètres, litres, etc). Par conséquent, l’expert carbone doit convertir ces informations en tonnes d’équivalent de CO² en fonction de facteurs d’émission publiés par des organisations comme l’ADEME afin d’obtenir des données homogènes pouvant être totalisées. Cette étape détermine l’empreinte carbone totale de l’entreprise en équivalent-CO² pour l’année en question.

4. Déterminer le plan d’action

L’entreprise élabore un plan d’action du bilan carbone qui s’intègre dans sa démarche RSE, autrement dit les moyens qu’elle va mettre en place pour réduire ses GES. Un plan d’action inclut des actions de réduction de CO² ainsi que des actions de compensation, comme le financement de projets qui captent naturellement le CO². A noter que les émissions réduites et séquestrées doivent être présentées et calculées séparément.

5. Communiquer son plan carbone

L’organisation partage les actions mises en œuvre envers la protection du climat avec ses partenaires internes et externes. Cette étape lui permet aussi d’engager le personnel, les fournisseurs et les clients dans cette démarche responsable. Il est important d’être transparent lors de cette étape et de communiquer toutes les hypothèses émises pour en arriver au résultat final, notamment dans le cas de données d’activités manquantes ou incomplètes.

Combien de temps faut-il pour réaliser un bilan carbone ?

La durée d’élaboration d’un bilan carbone varie selon plusieurs facteurs, notamment la taille de l’entreprise et la qualité des données sur les activités émettrices de GES. De manière générale, il faudra entre 5 jours-homme pour une PME jusqu’à 60 jours-homme pour une grande entreprise.

La durée de réalisation d’un bilan carbone peut être réduite : 

  • en facilitant et en rationalisant la récolte des données, la phase la plus chronophage,
  • en faisant appel à un spécialiste expérimenté,
  • en utilisant un logiciel bilan carbone
  • en formant une personne en interne, pour les bilans carbone des années futures.

Enfin, en se basant sur des facteurs d’émission monétaires, il est possible d’utiliser comme point de départ le bilan comptable de l’entreprise, comme la balance de résultats détaillée. Cette approche permet d’accélérer le calcul de l’empreinte carbone étant donné le caractère systématique et standardisé des documents comptables. Cependant, elle présente des limites importantes à cause du haut niveau d’incertitude des facteurs d’émission monétaires. De plus, elle ne permet pas de comptabiliser les émissions liées au services ou produits vendus.

Quel est le prix d’un bilan carbone ?

Le coût moyen d’un bilan carbone se situe généralement entre 2 000 € et 20 000 €. Plusieurs facteurs influencent le coût d’un bilan carbone, tels que :

  • la taille de l’organisation,
  • la complexité du domaine d’activité,
  • le nombre de salariés,
  • le degré de précision du bilan carbone,
  • le prestataire sélectionné pour le réaliser.

Le coût d’un bilan carbone effectué par une société de conseil externe peut varier de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros :

  • 5 000€ pour un bilan carbone d’une PME couvrant les scopes 1 et 2,
  • 10 000€ pour un bilan carbone d’une PME couvrant les scopes 1, 2 et 3,
  • 20 000€ voire plus pour les grandes organisations.

Les aides financières disponibles pour réaliser un bilan carbone

Certaines instances gouvernementales offrent des subventions et des aides afin de soutenir et inciter les entreprises à effectuer leur premier bilan carbone couvrant jusqu’à 50% voire 75% du coût d’un bilan carbone. Les aides et les critères pour bénéficier de ces subventions varient selon les pays.

Bilan carbone: quelles organisations sont concernées ?

En France, selon les dispositions de la loi Grenelle II (article 75), les entreprises totalisant plus de 500 employés en métropole et plus de 250 employés dans les régions et départements d’outre-mer sont tenues d’effectuer un bilan carbone.

Au niveau européen, la directive CSRD obligera dès 2024 certaines entreprises à calculer et communiquer publiquement leur empreinte carbone et leur plan d’action pour la réduire. A termes, toutes les entreprises implantées en Europe seront concernées.

C’est une raison de plus pour les entreprises d’anticiper de nouvelles obligations règlementaires, de commencer à réaliser un bilan carbone et de l’intégrer dans une démarche durable dès maintenant.

Les acteurs du secteur

Qui peut faire un bilan carbone ?

Plusieurs solutions s’offrent aux entreprises pour l’élaboration de leur plan carbone :

  • former un expert en interne doté d’un logiciel bilan carbone ;
  • faire appel à un consultant carbone indépendant ; 
  • recourir à un cabinet de conseil en RSE.

Si la première solution demande un investissement en temps, elle est économique et permet à l’entreprise de mener son plan d’action de manière indépendante. Notez que, pour être encore plus rentables, les entreprises peuvent choisir parmi une variété de calculateurs gratuits pour évaluer leur empreinte carbone. Les deux autres options sont plus coûteuses mais sont en mesure de répondre à un besoin immédiat.

Les consultants bilan carbone : les experts du secteur

Les consultants bilan carbone sont des spécialistes qui guident et conseillent les entreprises dans la réalisation de leur bilan carbone, depuis la collecte des données jusqu’à l’élaboration de la stratégie de réduction carbone.

Ils collaborent avec les autres équipes et les forment tant dans la sensibilisation du personnel que dans la récolte des informations et l’utilisation du logiciel bilan carbone.

Les cabinets de conseil en RSE

De nombreux cabinets de conseil en développement durable et RSE proposent un bilan carbone sur mesure. Une partie d’entre eux utilisent des logiciels bilan carbone élaborés. A la différence du consultant bilan carbone, ces cabinets couvrent aussi les autres aspects de la RSE, soit l’impact social et les meilleures pratiques de gouvernance des entreprises.

Comment trouver un prestataire pour faire son bilan carbone ?

Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes besoins en matière de bilan carbone. Certaines veulent calculer un bilan carbone pour une année en particulier tandis que d’autres veulent mettre en place une stratégie RSE complète. Il est important de connaître ses besoins et de demander plusieurs devis auprès de divers prestataires. 

Une attention particulière devrait être portée sur la capacité du prestataire à mettre en avant des projets similaires. On pourra aussi considérer les certifications et l’expérience des consultants mis à disposition. 

Enfin, le prix total du projet à savoir les prestations des consultants et le logiciel utilisé doit être mis en comparaison avec le coût de faire le projet à l’interne. Il est préférable que le prestataire permette à un collaborateur de monter en compétence pour pouvoir internaliser les compétences reliées au calcul du bilan carbone.

 

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